
Lorsque votre parent commence à perdre en autonomie, la décision entre EHPAD médicalisé, résidence senior ou maintien à domicile renforcé s’impose avec son cortège de doutes et de culpabilité. Selon les projections 2025 publiées par la DREES et l’INSEE, plus de 2 millions de personnes de 60 ans ou plus sont aujourd’hui en perte d’autonomie en France, dont un tiers en perte d’autonomie sévère. Face à cette réalité, la crainte de se tromper de moment (trop tôt ou trop tard) paralyse bon nombre de familles à Carcassonne. Pourtant, cette décision repose sur des critères objectifs mesurables : le niveau d’autonomie évalué par la grille AGGIR (classement GIR 1 à 6), le budget familial après déduction des aides (APA, ASH, réductions fiscales) et l’acceptation psychologique du déménagement. Ce guide vous aide à identifier la solution adaptée à votre situation, sans précipitation ni culpabilité.
⚕ Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical ou social personnalisé. Consultez un professionnel de santé qualifié (médecin traitant, gériatre) et/ou un travailleur social pour toute décision concernant l’hébergement d’une personne âgée dépendante.
Cette décision d’hébergement ne repose pas sur l’intuition, mais sur trois piliers objectifs mesurables. Le premier, le niveau d’autonomie évalué par la grille AGGIR nationale, détermine mécaniquement l’éligibilité aux différentes structures (EHPAD pour les GIR 1 à 4, résidence senior pour les GIR 5-6 uniquement). Le deuxième, le budget familial après déduction des aides (APA, ASH, réductions fiscales), révèle le reste à charge réel supportable — souvent très différent du tarif affiché par les établissements. Le troisième, l’acceptation psychologique du proche et de la famille, conditionne la réussite de la transition : une orientation imposée en urgence multiplie les risques de refus alimentaire, d’isolement et de dépression dans les premières semaines.
Les 9 établissements recensés à Carcassonne (EHPAD médicalisés, résidences services, unités Alzheimer) offrent des places dans des délais variables selon leur notoriété et leur capacité d’accueil. Anticiper cette réflexion 6 mois minimum permet de visiter sereinement plusieurs structures, de comparer les projets de vie proposés et d’organiser un hébergement temporaire test sans précipitation. À l’inverse, reporter la décision jusqu’à une hospitalisation (chute, AVC, fugue) contraint au placement d’urgence dans le premier établissement disponible, sans possibilité de choix ni de préparation psychologique.
Votre checklist orientation en 30 secondes :
- GIR 1-2 (dépendance totale, alitement ou troubles cognitifs sévères) → EHPAD médicalisé obligatoire
- GIR 3-4 (dépendance partielle, besoin aide quotidienne) → Arbitrage selon disponibilité entourage familial
- GIR 5-6 (autonomie conservée, déplacements seuls) → Résidence senior ou domicile adapté, EHPAD refusé
- Coût réel = Tarif hébergement affiché – APA (si revenus < 2 846,77 €/mois) - Réduction fiscale 25 % services domicile
- Anticiper minimum 6 mois pour éviter placement urgence post-hospitalisation (concerne une part importante des admissions)
EHPAD, résidence senior, domicile : ce qui change vraiment au quotidien
Choisir un mode d’hébergement pour un parent vieillissant, c’est d’abord choisir un mode de vie. Au-delà des définitions institutionnelles, la différence entre un EHPAD, une résidence senior et le maintien à domicile se mesure dans les gestes du quotidien : qui prépare les repas, qui surveille la prise de médicaments, qui répond en cas de chute nocturne. Ces trois solutions s’adressent à des profils d’autonomie radicalement distincts, et confondre leur périmètre constitue l’erreur d’orientation la plus fréquente observée par les équipes médico-sociales.
La clé de lecture ? La grille AGGIR (Autonomie Gérontologique et Groupe Iso Ressources), outil national de référence qui classe les personnes âgées en 6 niveaux de GIR selon 17 variables discriminantes et illustratives. Comme le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr le définit, seuls les niveaux GIR 1 à 4 permettent de bénéficier de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), condition sine qua non pour financer un EHPAD ou des services à domicile renforcés. Les GIR 5 et 6, qui caractérisent une autonomie conservée, orientent vers la résidence senior ou le maintien à domicile léger.
L’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes s’adresse exclusivement aux personnes classées GIR 1 à 4, c’est-à-dire celles nécessitant une aide quotidienne pour les actes essentiels de la vie (toilette, repas, déplacements) ou présentant des troubles cognitifs nécessitant une surveillance. Le critère absolu ? La présence d’une équipe soignante 24 heures sur 24 (infirmières, aides-soignants) et d’un médecin coordonnateur qui supervise les soins. Les activités sont encadrées (animations, kinésithérapie, ateliers mémoire) et les repas servis en salle commune ou en chambre selon l’état de santé.
Sur le plan tarifaire, trois composantes coexistent. Le tarif soins (pris en charge par l’Assurance maladie, invisible pour le résident), le tarif dépendance modulé selon le GIR (GIR 1-2 plus élevé que GIR 3-4 ou 5-6) et le tarif hébergement (chambre, restauration, blanchisserie) à la charge du résident. L’expérimentation tarifaire détaillée sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr confirme que, depuis janvier 2026 dans 23 départements pilotes, la participation journalière forfaitaire s’élève à 6,16 € par jour pour le volet dépendance. Hors expérimentation, comptez une fourchette entre 1 800 € et 2 800 € par mois en fonction du niveau de dépendance et des prestations de l’établissement à Carcassonne.
Attention à ne pas confondre : la résidence senior (également appelée résidence services) cible un public totalement autonome, classé GIR 5 ou 6 uniquement. Ici, aucune médicalisation — pas d’infirmière sur place, pas de médecin coordonnateur. Le résident vit dans un appartement privatif et peut souscrire à des services optionnels : restauration au restaurant collectif, animations (gym douce, sorties culturelles), coiffeur, ménage. La différence fondamentale avec l’EHPAD ? Le résident reste maître de son emploi du temps et de ses déplacements extérieurs sans autorisation ni surveillance.
L’inadmissibilité en EHPAD des personnes GIR 5-6 (trop autonomes) oriente mécaniquement vers ce type de structure lorsque le domicile devient inadapté (étages sans ascenseur, isolement géographique) ou lorsque la solitude pèse. Côté budget, la résidence senior fonctionne sur un modèle locatif : loyer mensuel (généralement entre 800 € et 1 600 € à Carcassonne selon la superficie) auquel s’ajoutent les services à la carte choisis. Aucune aide APA n’est mobilisable ici puisque le niveau de dépendance est insuffisant.
Rester chez soi reste possible pour les GIR 3 et 4 (dépendance partielle) à condition d’orchestrer une batterie de services : aide ménagère ou auxiliaire de vie pour la toilette et les repas, portage de repas, téléassistance (bracelet ou médaillon d’alerte), passage infirmier via un SSIAD (Service de Soins Infirmiers À Domicile) pour les injections ou pansements. Les personnes GIR 5-6 se contentent généralement d’aménagements légers (barre d’appui, téléassistance) sans besoin de coordination lourde.
Le principal bénéfice financier réside dans la réduction fiscale de 25 % sur les dépenses de services à domicile (plafond annuel de 12 000 €, soit 3 000 € de crédit d’impôt maximum). Mais la limite se heurte rapidement à la réalité : la charge mentale de coordination pèse sur les aidants familiaux (appels quotidiens, gestion des plannings, remplacement en cas d’absence de l’aide à domicile). Les retours terrain montrent qu’après quelques mois, cette organisation devient source d’épuisement si le niveau de dépendance s’aggrave vers un GIR 2 ou 1 sans réorientation vers un EHPAD.
| Solution | Niveau autonomie requis (GIR) | Médicalisation | Coût mensuel moyen Carcassonne 2026 | Réversibilité décision | Charge mentale aidants |
|---|---|---|---|---|---|
| EHPAD médicalisé | GIR 1 à 4 (dépendance totale ou partielle) | 24h/24 (infirmières, médecin coordonnateur) | 1 800 € – 2 800 € (après APA : reste à charge variable) | Oui (préavis généralement 1 mois) | Nulle (prise en charge complète) |
| Résidence senior | GIR 5-6 uniquement (autonomie complète) | Aucune (pas d’infirmière sur place) | 800 € – 1 600 € (loyer + services optionnels, aucune aide APA) | Oui (rupture bail classique) | Nulle (autonomie résidente) |
| Maintien à domicile renforcé | GIR 3-4 (dépendance partielle, limite GIR 2) | Ponctuelle (SSIAD, infirmière libérale) | 600 € – 1 200 € (services cumulés, après APA et réduction 25 %) | Oui (arrêt services immédiat) | Élevée (coordination, surveillance quotidienne) |
Pour approfondir les différences concrètes au quotidien entre ces deux univers (rythme de vie, liberté de circulation, activités proposées), le comparatif détaillé résidences seniors vs EHPAD au quotidien apporte un éclairage complémentaire utile.
Quel hébergement selon le niveau d’autonomie de votre proche ?
L’évaluation du niveau GIR constitue le socle de toute décision d’orientation. Cette classification repose sur 10 variables discriminantes (cohérence mentale, orientation dans le temps et l’espace, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts lit-fauteuil, déplacements intérieurs et extérieurs) cotées A (accomplis seul), B (partiellement) ou C (non accomplis seul). L’équipe médico-sociale du département ou le médecin coordonnateur en EHPAD procède à cette évaluation lors d’une visite au domicile ou dans l’établissement. Le résultat détermine non seulement l’éligibilité à l’APA, mais surtout la solution d’hébergement la plus sécurisante.
Contrairement aux idées reçues, le GIR n’est pas figé : il peut évoluer à la baisse (aggravation de la dépendance suite à une chute, progression d’une maladie neurodégénérative) ou, plus rarement, à la hausse après rééducation intensive post-AVC. D’où l’importance de réévaluer régulièrement (tous les 6 à 12 mois) pour ajuster le plan d’aide et, si nécessaire, réorienter vers une structure plus adaptée.
Le GIR 1 désigne les personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessitent une présence continue d’intervenants. Le GIR 2 concerne celles confinées au lit ou au fauteuil avec des fonctions mentales altérées, mais qui conservent une capacité de déplacement avec aide, ou celles dont les fonctions mentales sont préservées mais qui sont totalement dépendantes pour les actes essentiels. Dans les deux cas, la surveillance médicale permanente et les soins quotidiens lourds rendent le maintien à domicile extrêmement risqué (chutes nocturnes, fausses routes alimentaires, fugues pour les malades d’Alzheimer en stade avancé).
L’EHPAD devient alors la solution obligatoire pour garantir sécurité et qualité de soins. Face à cette diversité d’offres, comparer les établissements selon des critères objectifs (places disponibles, tarifs actualisés, avis vérifiés, distance domicile-établissement) devient indispensable pour éviter une décision précipitée. À Carcassonne, les 9 établissements recensés offrent des places spécialisées, notamment des unités protégées pour les troubles cognitifs sévères. Pour comparer les établissements disponibles selon vos critères (places libres, tarifs 2026, avis des familles, distance géographique), l’annuaire des maisons de retraite et EHPAD à Carcassonne centralise ces informations et permet de solliciter plusieurs dossiers simultanément pour accélérer l’admission.
C’est la zone grise décisionnelle. Le GIR 3 caractérise une personne ayant conservé son autonomie mentale mais nécessitant plusieurs fois par jour des aides pour son autonomie corporelle (lever, coucher, toilette). Le GIR 4 concerne celles qui, sans troubles cognitifs, ont besoin d’aide pour la toilette et l’habillage, ou celles ayant conservé leur autonomie motrice mais présentant des troubles cognitifs nécessitant une stimulation. Dans cette configuration, deux scénarios s’opposent.
Si la famille dispose d’aidants disponibles et coordonnés (enfants habitant à proximité, conjoint en capacité d’assurer une surveillance quotidienne), le maintien à domicile reste envisageable avec un plan d’aide APA étoffé (passage aide à domicile 2 fois par jour, portage repas, téléassistance, SSIAD pour les soins). En revanche, si les aidants sont isolés géographiquement, actifs professionnellement ou déjà épuisés après plusieurs mois de coordination, l’orientation vers un EHPAD devient préférable pour éviter l’effondrement familial. Une solution intermédiaire intelligente ? L’hébergement temporaire en EHPAD (1 à 4 semaines, finançable par l’APA) permet de tester l’acceptation psychologique du parent sans engagement définitif.
Le GIR 5 désigne les personnes ayant simplement besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas ou le ménage. Le GIR 6 correspond à une autonomie totale pour les actes essentiels de la vie. Or, ces niveaux ne permettent ni l’admission en EHPAD (refus systématique pour non-dépendance) ni l’accès à l’APA. Le choix se pose donc entre résidence senior et maintien à domicile selon trois critères : l’isolement social (solitude pesante favorise la résidence senior avec animations collectives), l’adaptation du logement (appartement avec étages sans ascenseur ou maison isolée orientent vers la résidence) et la volonté de préserver son cadre de vie familier.
Dans cette tranche d’autonomie, la décision relève davantage du confort de vie que de la contrainte médicale. Le maintien à domicile avec des aménagements légers (barres d’appui, douche plain-pied, téléassistance) suffit généralement. La résidence senior devient pertinente lorsque la personne recherche une vie sociale structurée (repas partagés, clubs, sorties) sans vouloir gérer l’entretien d’une maison devenue trop grande.
Trouvez votre solution en 3 questions
- Votre proche est-il confiné au lit ou au fauteuil, avec des troubles cognitifs sévères ou des soins quotidiens lourds ?
→ Oui : EHPAD médicalisé obligatoire (GIR 1-2). La sécurité et la surveillance 24h/24 sont indispensables. Aucune alternative domicile n’est envisageable sans risque vital.
- Votre proche a-t-il besoin d’aide pour la toilette, l’habillage ou les repas plusieurs fois par jour ?
→ Oui : Zone grise GIR 3-4. Deux options selon votre situation familiale :
• Aidants disponibles et coordonnés à proximité → Maintien à domicile renforcé avec plan APA étoffé (aide quotidienne 2 fois/jour, portage repas, SSIAD).
• Aidants absents, éloignés ou épuisés → EHPAD recommandé pour éviter effondrement familial. Tester 1 semaine en hébergement temporaire avant engagement définitif. - Votre proche se déplace seul, gère son quotidien et reste lucide ?
→ Oui : Autonomie conservée GIR 5-6. Inadmissible en EHPAD (trop autonome). Choisir entre :
• Résidence senior si isolement social pesant ou logement inadapté (étages, éloignement commerces).
• Maintien à domicile avec aménagements légers (téléassistance, barres d’appui) si cadre de vie satisfaisant et vie sociale préservée.

Les coûts réels à Carcassonne après déduction des aides
Le tarif affiché par un établissement n’est jamais le montant que vous paierez réellement. Cette opacité tarifaire constitue l’une des principales sources d’angoisse des familles : comment anticiper le reste à charge mensuel supportable pour le budget familial ? La réponse nécessite de décomposer chaque ligne budgétaire et d’identifier les aides mobilisables selon le niveau de revenus et le GIR du proche.
Prenons un EHPAD carcassonnais facturant 2 200 € par mois (tarif hébergement + dépendance). Si les revenus mensuels de votre parent sont inférieurs à 2 846,77 € (seuil 2026), l’APA prend en charge une partie du tarif dépendance selon le GIR. Pour un GIR 4, comptez généralement une prise en charge APA de 400 € à 600 € par mois (montant variable selon les départements). Le reste à charge familial descend alors autour de 1 600 € à 1 800 € par mois. Si les revenus du proche dépassent ce seuil, aucune APA établissement n’est versée, mais l’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) peut intervenir sous conditions de ressources strictes, avec récupération sur succession.
Pour le maintien à domicile, la mécanique diffère. L’APA domicile finance les heures d’aide à domicile, le portage de repas et la téléassistance selon un plafond mensuel dépendant du GIR (GIR 1 : plafond maximal, GIR 4 : plafond réduit). À cela s’ajoute la réduction fiscale de 25 % sur les dépenses de services à la personne (plafond 12 000 € annuels, soit 3 000 € de crédit d’impôt maximum). Mais attention : au-delà d’un certain volume d’heures (généralement 40 heures par mois pour un GIR 3-4), le coût cumulé des services rattrape voire dépasse celui d’un EHPAD. L’arbitrage entre adapter son logement ou déménager dépend aussi du coût des aménagements nécessaires (rampe d’accès, monte-escalier, douche sécurisée) qui peuvent atteindre 5 000 € à 15 000 € selon la configuration.
Votre checklist budget réaliste (après aides 2026)
- Vérifier le tarif hébergement mensuel de l’établissement sur l’annuaire officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Identifier le tarif dépendance applicable selon le GIR de votre proche (GIR 1-2, GIR 3-4 ou GIR 5-6)
- Calculer l’éligibilité APA : si revenus mensuels inférieurs à 2 846,77 €, déduire la prise en charge APA estimée
- Vérifier l’éligibilité ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) si revenus très faibles, attention récupération succession possible
- Intégrer la réduction fiscale 25 % si maintien à domicile (plafond 12 000 € annuels de dépenses services)
- Calculer le reste à charge familial réel = Total tarifs – Aides mobilisées

Les trois erreurs qui compliquent (vraiment) la transition
Vigilance : les 3 pièges qui compliquent la transition
- Piège 1 : Reporter la décision jusqu’à une urgence médicale. Les données des réseaux CLIC montrent qu’une part significative des admissions en EHPAD se fait en urgence post-hospitalisation, alors qu’une anticipation de 6 mois aurait permis un choix serein et une meilleure acceptation psychologique.
- Piège 2 : Sous-estimer la charge mentale des aidants. La coordination des services à domicile (gestion des plannings, remplacement en cas d’absence, surveillance quotidienne) génère un épuisement familial après quelques mois si le niveau de dépendance nécessite un GIR 3-4.
- Piège 3 : Négliger l’acceptation psychologique du parent. Imposer un déménagement brutal en EHPAD sans préparation progressive (visite préalable, hébergement temporaire test) multiplie les risques de refus alimentaire, dépression et tentatives de fugue dans les premières semaines.
La première erreur relève du déni temporel. Beaucoup de familles attendent qu’une chute grave, une hospitalisation ou une fugue inquiétante force la décision dans l’urgence. À ce stade, le choix se réduit à la première place disponible, sans possibilité de comparer les établissements, de visiter les lieux ni de préparer psychologiquement le parent. Le délai moyen d’admission en EHPAD à Carcassonne varie de quelques semaines (places ponctuelles) à 12 mois pour les établissements les plus demandés. Anticiper 6 mois minimum permet de constituer sereinement le dossier médical, de solliciter plusieurs établissements simultanément et d’organiser des visites accompagnées.
La deuxième erreur sous-estime la réalité du maintien à domicile pour un GIR 3-4. Sur le papier, cumuler une aide à domicile matin et soir, le portage de repas et une infirmière trois fois par semaine semble gérable. En pratique, les familles découvrent rapidement la charge de coordination : appels quotidiens pour vérifier que tout s’est bien passé, gestion des absences de l’aide à domicile (maladie, congés), surveillance de l’état de santé à distance, courses et démarches administratives que les services ne couvrent pas. Cette organisation dévore le temps libre des aidants et génère une anxiété permanente (et si mon parent chute la nuit ? Et si l’aide ne vient pas demain ?). Reconnaître cette limite n’est pas un échec, c’est une lucidité protectrice.
Cas pratique : orientation tardive en urgence
Prenons une situation classique : une famille avec un parent classé GIR 4 (dépendance partielle, besoin aide toilette et repas) hésite pendant 18 mois entre maintien à domicile et EHPAD. Les enfants, actifs professionnellement et habitant à 40 km, coordonnent tant bien que mal les passages d’aide à domicile. Un soir de décembre, le parent chute dans la salle de bain et reste au sol 6 heures avant d’être découvert. Hospitalisation, fracture du col du fémur, perte brutale d’autonomie vers un GIR 2. À la sortie d’hôpital, impossible de rentrer au domicile (escaliers devenus impraticables). La famille doit trouver une place EHPAD en urgence : les 3 établissements préférés affichent complet, délai 8 à 12 mois. Placement contraint dans un établissement éloigné (35 km), difficultés de visites familiales, dépression du parent qui n’a jamais visité les lieux avant son arrivée. Cette issue aurait été évitée en anticipant 6 mois plus tôt, lorsque le GIR 4 permettait encore une transition douce via un hébergement temporaire test.
- Demander une évaluation AGGIR auprès de l’équipe médico-sociale de votre département ou du CLIC Aude pour connaître le GIR exact de votre proche
- Calculer le budget familial réaliste (revenus parent + participation familiale possible) et identifier les aides mobilisables (APA, ASH, réduction fiscale)
- Si GIR 1-4 : visiter 2 à 3 EHPAD à Carcassonne avec votre proche, observer les résidents, poser vos questions au directeur
- Tester un hébergement temporaire d’une semaine avant toute décision définitive pour valider l’acceptation psychologique
- Constituer le dossier d’admission EHPAD (certificat médical, pièce d’identité, justificatif revenus) 6 mois avant le besoin effectif pour anticiper les délais
Plutôt que de voir cette décision comme un point final, considérez-la comme une étape ajustable. Les besoins de votre proche évolueront, et votre réponse aussi. L’essentiel reste de garder une longueur d’avance sur l’urgence, pour choisir sereinement plutôt que de subir une orientation contrainte.
Vos questions sur le choix d’hébergement à Carcassonne
Combien de temps faut-il pour obtenir une place en EHPAD à Carcassonne ?
Les délais varient fortement selon les établissements à Carcassonne : de quelques semaines pour des places ponctuelles libérées en urgence, à 12 mois pour les établissements les plus demandés (centre-ville, notoriété établie). La moyenne observée se situe autour de 3 à 6 mois pour les 9 établissements recensés dans l’Aude. Anticiper minimum 6 mois permet de solliciter plusieurs dossiers en parallèle et d’augmenter vos chances d’admission rapide.
Mon parent refuse catégoriquement l’EHPAD, que faire ?
Le refus initial est fréquent et légitime (attachement au domicile, peur de l’inconnu, sentiment d’abandon). La solution la plus efficace consiste à proposer un hébergement temporaire d’une à deux semaines, finançable par l’APA, pour tester l’établissement sans engagement. Organisez cette période comme un séjour de répit, visitez quotidiennement au début, et observez l’évolution de son ressenti. Les retours montrent que la majorité des refus initiaux s’atténue après une expérience concrète positive (activités, contacts sociaux, qualité des repas).
Peut-on changer d’avis après admission en EHPAD ?
Oui, la décision est totalement réversible. Le contrat de séjour prévoit généralement un préavis d’un mois pour quitter l’établissement. Si l’adaptation se passe mal (isolement, refus alimentaire persistant, dépression), rien n’empêche de réorganiser un retour au domicile avec renfort des aides. L’hébergement temporaire permet justement de tester cette réversibilité avant tout engagement long terme.
Qui contacter à Carcassonne pour être accompagné gratuitement ?
Le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) de l’Aude propose une évaluation gratuite des besoins de votre proche et une orientation personnalisée vers les solutions adaptées (EHPAD, maintien domicile, aides financières). Vous pouvez également contacter le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Carcassonne pour un accompagnement administratif dans la constitution des dossiers APA et ASH. Ces structures publiques sont neutres et ne perçoivent aucune commission des établissements.
Une résidence senior peut-elle accueillir une personne en perte d’autonomie ?
Non. Les résidences seniors (non médicalisées) n’acceptent que les personnes totalement autonomes, classées GIR 5 ou 6. Si votre proche perd son autonomie après admission (passage GIR 4 puis GIR 3), la résidence senior ne pourra plus assurer la sécurité ni les soins nécessaires. Une réorientation vers un EHPAD médicalisé deviendra alors obligatoire. Cette limite doit être anticipée dès la signature du contrat de location.
⚖ Limites de ce guide et ressources officielles
Ce guide ne remplace pas :
- Une évaluation médico-sociale personnalisée par un professionnel qualifié (médecin traitant, gériatre, équipe CLIC)
- Une analyse spécifique de votre situation familiale, médicale et budgétaire par un conseiller social
- L’évaluation officielle du niveau d’autonomie (GIR) réalisée par une équipe agréée
Risques à connaître :
- Risque d’isolement social et de dépression si orientation trop précoce en établissement sans préparation psychologique
- Risque médical (chute, malnutrition, aggravation pathologie) si maintien à domicile inadapté au niveau de dépendance réel
- Risque financier (reste à charge familial élevé) si les aides APA, ASH et réductions fiscales ne sont pas sollicitées en amont
- Risque d’urgence et de placement contraint si la réflexion est reportée jusqu’à une hospitalisation
Organismes compétents à consulter : Médecin traitant, gériatre, équipe médico-sociale du CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) de l’Aude ou CCAS de Carcassonne pour un accompagnement gratuit et personnalisé.